La deuxième partie de l’hiver : quand le froid persiste mais que la lumière revient
- maría josé pérez cuevas
- il y a 18 heures
- 3 min de lecture

un hiver qui semble ne jamais finir… et pourtant
La deuxième partie de l’hiver est souvent la plus déroutante.Les jours rallongent lentement, la lumière change, le soleil se fait plus présent — surtout en fin d’après-midi — et mentalement, on commence déjà à se projeter vers le printemps. Pourtant, dans le corps, l’hiver est encore bien là.
Les températures restent basses, parfois extrêmes. Le froid pénètre plus profondément. Les réserves d’énergie accumulées depuis l’automne commencent à s’épuiser. On peut ressentir plus de raideur, de lourdeur, une digestion plus lente, des inconforts articulaires, une peau sèche, une baisse de motivation ou une fatigue difficile à expliquer.
C’est souvent à ce moment précis que beaucoup de personnes se demandent :« Pourquoi je ne me sens pas mieux alors que la lumière revient ? »
Cette question est essentielle — et l’Ayurveda y apporte une réponse très claire!
un décalage entre la lumière extérieure et le rythme interne
D’un point de vue ayurvédique, la deuxième partie de l’hiver est une zone de transition fragile.Même si la lumière augmente, le climat reste dominé par le froid, l’humidité, la lourdeur et la stagnation — des qualités directement liées aux doshas Vata et Kapha.
Ce qui se passe dans le corps à ce moment-là :
Agni (le feu digestif) peut s’affaiblir après plusieurs mois d’efforts pour maintenir la chaleur interne
Kapha commence à s’accumuler silencieusement (lourdeur, mucus, lenteur, rétention)
Vata, déjà sollicité par le froid, le vent et la sécheresse, peut rester aggravé (douleurs, anxiété, sommeil léger)
Ama (toxines non digérées) s’installe plus facilement si la digestion est ralentie
Le piège courant, surtout dans nos sociétés modernes, est de vouloir accélérer :manger plus cru, alléger trop vite, reprendre des routines “détox” ou sportives alors que le corps n’a pas encore la capacité de les intégrer.
En Ayurveda, cette période demande au contraire plus de discernement que d’action.
comprendre Uttarayana et la notion de transition
Sur le plan énergétique et cosmique, cette période correspond à Uttarayana, la phase où le soleil entame sa course vers le nord et où les jours deviennent progressivement plus longs.
Mais attention : Uttarayana n’est pas le printemps.
C’est une montée lente de l’énergie solaire, pas une explosion vitale immédiate.
Dans les textes ayurvédiques, cette phase est associée à :
une mobilisation progressive de l’énergie
une clarification lente
un appel à la préparation du terrain, pas encore à l’expansion
La nature elle-même nous le montre :la terre est encore froide, les graines ne germent pas encore, mais quelque chose se prépare en profondeur.
Légendes & symbolique : quand la sagesse ancienne éclaire le corps
Dans la tradition indienne, Uttarayana est souvent présenté comme une période de retour vers la conscience, la lumière et le discernement, mais toujours avec retenue.Certaines légendes racontent que c’est une phase favorable à l’étude, à la purification intérieure et à la préparation spirituelle — pas à la dispersion.
Cette sagesse symbolique est profondément cohérente avec la physiologie ayurvédique :le corps a besoin de temps pour transformer ce qui a été accumulé pendant l’hiver, tant sur le plan physique qu’émotionnel.
un pont entre l’hiver et le printemps
La bonne nouvelle, c’est que cette période est extrêmement puissante si elle est bien accompagnée. La deuxième partie de l’hiver n’est ni une fin, ni un échec, ni une stagnation inutile.C’est un pont.
Un moment clé pour :
soutenir Agni sans le brusquer
commencer à alléger Kapha en douceur
stabiliser Vata par des routines rassurantes
préparer le corps à accueillir le printemps sans choc
En Ayurveda, on ne “quitte” pas une saison brutalement.On l’honore jusqu’au bout, tout en semant les premières graines de la suivante.
✨ C’est dans cet espace subtil — entre froid et lumière, entre repos et élan — que se joue l’équilibre des mois à venir.




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